
Bonjour Mario!En novembre 1974 tu lances le magazine plouf Qui durera 2 ans. Comment t'est venu cette idée de te lancer dans Le fanzinat en tant qu'éditeur?
Il faut se reporter à l'époque. Il n'y avait rien pour publier de la BD au Québec. J'avais eu la chance de publier depuis 71 dans des hebdos, mais c'était limité. Les grands quotidiens préféraient publier des strips américains qui ne leur coûtaient presque rien! Aucun mag BD. Alors, ça m'a semblé évident que la seule solution du moment était de publier son propre mag.
En 1984 tu lance ton premier album qui se vendra a 10 000 exemplaires seulement dans la ville de Québec...Comment explique tu ce succès?
C'est très simple, et encore vrai aujourd'hui. La publicité! La BD portait sur André Arthur, l'animateur de radio bien connu (aujourd'hui député à Ottawa), et il avait accepté d'en parler en onde régulièrement, si moi de mon côté, je faisais coïncider la sortie de l'album avec ses prises de cotes d'écoute. C'était une sorte d'échange mutuel. La publicité a fait que mon album s'est vendu, et que lui avait un attrait extérieur à sa radio pour faire parler de lui. Ça a donc été bon pour les deux! Et à partir de ce moment, j'ai pu dire que je vivais de la BD.
Tu à participer a safarir pendant plus de vingt ans pourquoi avoir quitté le navire pour rejoindre le bi mensuelle délire?
Tu sais, ça n'a pas été facile. Je n'ai pas seulement participé à Safarir, j'ai fait partie des dessinateurs fondateurs du magazine, à l'époque où nous étions une coopérative de dessinateurs. Après tout le boulot que j'ai abattu pour le magazine, il y a eu un manque de respect flagrant qui s'est passé, et j'ai dû quitter. Il n'acceptaient pas que je travaille dans un autre mag, pour gagner ma vie, pourtant, eux, ne pouvaient plus me fournir assez de travail. J'ai donc dû choisir...et j'aimais bien la gang de Délire.
En 1992 tu publie une planche-couleur dans le mensuel fluide glacial!Comment t'est venu cette opportunité?
Tout d'abord, c'est l'acharnement! Je leur envoyais des dessins depuis des années. Le respect s'installait, et ils me connaissaient bien. Mais la vraie opportunité est venue quand j'ai participé au Festival de la BD de Québec et de Brossard. J'ai rencontré les dessinateurs européens. On a partagé des conseils pour approcher les rédacteurs, et aussi pour orienter ce que je devais leur envoyer, et j'ai même rencontré Gotlib, qui était alors le grand patron de Fluide. Il m'a conseillé sur le genre de dossier, et de présentation à faire pour y arriver. En suivant ces conseils, après quelques tentatives qui se rapprochaient de plus en plus de ce qu'ils voulaient, j'ai réussi à placer une planche, en couvert de dos en plus. C'était une planche de ma série "Guerre...Épais!". Sur la seule page couleur du mag à cette époque. J'étais bien fier!
Comment a démarré la série l'astronaute?
Ça c'est amusant. À l'époque de Saf, j'avais lancé l'idée de créer un petit mag BD à l'intérieur de Saf, le SafBD. L'idée a passé, et j'en ai été le rédacteur en chef pendant un moment. Dans ma formule, je faisais un petit éditorial à chaque numéro, que j'agrémentais d'un dessin. Et dans le bas de cette page, j'avais la place pour un strip. Je voulais avoir un matériel original, spécialement pour ce petit trou. J'ai donc bizouné un petit scénario, et j'ai demandé à mon ami Jean-Philippe Morin de le dessiner. Je voulais vraiment avoir de ses dessins dans mon supplément. C'est aussi simple que ça! Par après, L'Astronaute a avancé régulièrement. Passé du strip à la pleine page. Ensuite, publié pendant presque deux ans dans le magazine belge Spirou, puis GéoAdo...jusqu'à l'album Glénat-Québec cet automne!
Comment se passe ta collaboration avec Morin le dessinateur de la série?
Super! Je l'ai dit, c'est un ami. L'Astronaute, c'est une partie de plaisir pour nous deux!
Au début la série a paru dans le beau journal de Spirou puis on apprend que le premier album sera finalement publier chez Glénat Québec pourquoi se changement d'éditeur et comment la série a démarré dans Spirou?
C'est simple. Après la publication des pages dans Spirou, on s'était entendu pour une période de temps, et après, les gens de la rédaction feraient le point. L'étape suivante aurait été l'album chez Dupuis, mais ils en ont décidé autrement. Donc la publication a cessé. À l'époque, on avait entendu parler que Glénat aurait une succursale au Québec, alors on a présenté la série, et voilà! Tu sais, ce n'est pas pour justifier notre départ, mais chez Spirou, il y a de grands mouvements perpétuels depuis quelques années. Pendant notre courte période, on a connu deux rédacteurs en chef. Ils ont même vécu une grève pendant qu'on était là!
Combien d'album son prévu pour cette série? Et est-ce que glénat en est l'éditeur définitif?Oui, il en est l'éditeur définitif?
On a un contract qui nous lie pour un bout. Présentement, on débute toute cette grande aventure d'édition. Il y aura l'album à l'automne, et après on verra pour la suite. Glénat vont nous diffuser partout où on parle français, France, Belgique, Suisse et Canada naturellement! C'est une grande chance de s'ouvrir le marché européen. Notre petit personnage a déjà vécu dans des mags autant au Canada qu'en Europe. Les chances de succès sont bonnes. On se croise les doigts!
Quels son tes projets a venir? A tu quelques scoop pour moi et nos lecteurs?Toujours avec Glénat-Québec, au moment où je réponds à ton entrevue, j'ai signé et commencé à dessiner un album dont je suis le scénariste et le dessinateur. C'est ma compagne de toujours qui en fait la coloration, Violaine. C'est un nouveau sujet. Humoristique naturellement! L'album devrait paraître en mars ou avril prochain. Probablement pour le Salon du Livre de Québec.
Pour finir si tu avais en face de toi un jeune qui rêve de faire de la BD qu'aurais tu a lui dire?
Il y a trois choses importantes à retenir. Le scénario, le dessin et la promo. Avoir un scénario béton. Ne pas se fier à un petit truc gribouillé sur le coin d'une table. Il faut une histoire solide pour intéresser le lecteur. Le dessin, alors là, c'est toujours dessiner, dessiner, dessiner. J'apprends encore tous les jours. Il faut toujours pratiquer. Corriger son dessin. Chercher la meilleure façon d'illustrer ce qu'on a à dire. Ensuite la promo. C'est-à-dire ne pas hésiter à en faire la promo. Faire les salons, voir le public. Trouver des moyens de faire parler de ton album. S'il faut camper devant la maison de Guy A Lepage pour passer à "Tout le monde en parle", fais le!!! AuteurBD, c'est le plus beau métier du monde, mais il ne faut pas avoir peur du travail. On ne réussi qu'avec quelques hectolitres de sueur...mais ça en vaut le coup!
Merci Mario et bonne chance pour tes projets futurs!

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